quinta-feira, 20 de agosto de 2015

Katinka Hosszu « Une professionnelle de la natation » FFN




Alors que tous les nageurs de la planète sont en vacances, après une saison particulièrement éprouvante, Katinka Hosszu est à l’entraînement et prépare déjà la saison olympique. « Iron Lady » est une marathonienne des bassins. En déplacement 250 jours par an, la Hongroise sillonne les piscines du monde entier et court après les prize money pour prouver que l’on peut vivre de la natation. Une révolution dans le milieu.
Katinka, tu as encore disputé de nombreux meetings cette année et notamment les quatre étapes du FFN Golden Tour. Qu’as-tu pensé de ces meetings ?
Je prends beaucoup de plaisir à venir nager en France. Ces compétitions me permettent de disputer beaucoup de courses et de rester au contact du haut niveau. Le plateau est très relevé et je dois vraiment me battre pour gagner.
Pour la plupart des nageurs, ces meetings servent surtout à préparer la compétition majeure de l’été. Cela ne semble pas être ton cas.
Non, en effet, je n’ai pas le même fonctionnement que les autres nageurs. Pour moi, le but est de remporter l’ensemble des courses et de décrocher la récompense financière qu’il y a au bout. Grâce à ça, je peux vivre de la natation, sans espérer absolument une victoire aux Jeux Olympiques. En France, cela change une vie. Je pense que cela ne serait pas le cas pour moi. C’est pour cette raison que j’ai mis en place cette stratégie. D’ailleurs, en Hongrie, certaines personnes pensent que j’ai remporté un titre olympique.

Tu as adopté cette stratégie après les Jeux Olympiques de Londres où tu n’as pas décroché de médailles. Cela a-t-il influencé ta décision ?
S’entraîner dur pendant quatre ans pour une seule compétition, une seule course est quelque chose de très risqué. Je l’ai constaté à Londres. Je ne remporte aucune médaille et c’est très frustrant de voir tout le travail accompli pour échouer à l’arrivée. J’ai donc décidé de prendre le départ de beaucoup de meetings avec toujours un objectif de gagner.
Espères-tu changer les mentalités et professionnaliser davantage la natation ?
Bien sûr, c’est l’objectif ! Pourquoi pourrait-on vivre correctement en pratiquant l’athlétisme et pas la natation ? A travers mon parcours, je veux prouver que l’on peut gagner sa vie juste avec la natation et sans espérer un gros contrat après un titre olympique. Les prize money distribués à chaque meeting permettent cela. Je me considère vraiment comme une professionnelle de la natation et mon ambition, c'est qu'à la fin de ma carrière on se dise que j’ai eu un impact sur mon sport.
Cela engendre tout de même beaucoup de sacrifices.
Les sacrifices font partie de la vie d’un sportif de haut niveau. C’est vrai, je ne suis pas beaucoup chez moi, en Hongrie. Je voyage 250 jours par an et je vis dans les avions et les hôtels, mais une carrière de nageur ne dure pas si longtemps et tant que je peux enchaîner les compétitions, je ne m’en prive pas. En plus, j’ai la chance d’être mariée avec mon entraîneur, donc nous partageons tous ces moments.

Est-ce la clé de ta réussite ?
Mon entraîneur, c’est aussi mon mari, mon confident, mon meilleur ami, mon manager, mon psy, mon kiné… Il a évidemment une part prépondérante dans mes succès et c’est sans doute grâce à cela que j’arrive à mettre toutes ces choses en place. Nous ne sommes que tous les deux et nous savons parfaitement ce qu’il nous faut pour réussir. Peut-être que cela fonctionne uniquement parce que nous sommes deux et que cela pourrait difficilement être mis en place dans un groupe.
Certains nageurs ou entraîneurs internationaux vous demandent-ils des conseils?
Certains nageurs essaient de nager davantage et de reproduire ce modèle que nous mettons en place. Certains entraîneurs viennent à notre rencontre en compétition en nous disant que leurs nageurs souhaitent participer à plus de meetings dans l’année, mais ce n’est pas facile. Le chemin vers la professionnalisation est encore long, mais j’espère que cela aboutira un jour.

En plus de votre participation à tous ces meetings, vous avez créé votre propre marque, « Iron Lady ». Est-ce également un moyen de transmettre votre message ?
Au travers d’ « Iron Lady », je communique sur mon mode de fonctionnement. Plutôt que d’attendre que les contrats publicitaires arrivent, je prends les devants en gérant cette marque en en vendant des produits dérivés comme des casquettes ou des T-Shirts. La signification d’ « Iron Lady » (dame de fer, ndlr) est très forte et parlante pour les gens. Grâce à ça, ils s’intéressent à mon parcours et à mon histoire. J’ai également écrit ma biographie qui s’est bien vendue en Hongrie. Elle est en train d’être traduite en anglais et devrait sortir prochainement dans les pays anglo-saxons.

Tu es une vraie businesswoman.
Je le répète, je mets tout en place pour vivre de mon sport, de ma passion. J’ai la chance d’être très bien entourée et mon mari m’aide beaucoup dans la gestion de ces affaires. Cela me permet de rester concentrée sur mes objectifs et sur la natation.
Recueilli par Jonathan Cohen
FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION




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